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Cher Benoit Hamon : Pour la proportionnelle, pas besoin de changer de constitution !

Posté par le 22/02/2017 dans A la Une, Actus | 2 commentaires

Benoit Hamon a annoncé aujourd'hui vouloir mettre en place la proportionnelle pour les élections legislatives.

Il s'agirait de modifier la loi du 11 juillet 1986 relative à l'élection des députés et autorisant le gouvernement à délimiter par ordonnance les circonscriptions électorales, et notamment son article 1 (disposant entre autre via l'Article L123 du Code électoral que "Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours").

Le système de "proportionnelle avec prime majoritaire" existe déjà pour les élections municipales (Grosso modo il s'agit d'attribuer une moitié des siège au parti ayant réuni le plus grand nombre de voix, et de partager ensuite proportionnellement le reste des sièges entre les autres candidats).

"Article L262 : Au premier tour de scrutin, il est attribué à la liste qui a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés un nombre de sièges égal à la moitié du nombre des sièges à pourvoir, arrondi, le cas échéant, à l'entier supérieur lorsqu'il y a plus de quatre sièges à pourvoir et à l'entier inférieur lorsqu'il y a moins de quatre sièges à pourvoir. Cette attribution opérée, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne, sous réserve de l'application des dispositions du troisième alinéa ci-après.

Si aucune liste n'a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, il est procédé à un deuxième tour. Il est attribué à la liste qui a obtenu le plus de voix un nombre de sièges égal à la moitié du nombre des sièges à pourvoir, arrondi, le cas échéant, à l'entier supérieur lorsqu'il y a plus de quatre sièges à pourvoir et à l'entier inférieur lorsqu'il y a moins de quatre sièges à pourvoir. En cas d'égalité de suffrages entre les listes arrivées en tête, ces sièges sont attribués à la liste dont les candidats ont la moyenne d'âge la plus élevée. Cette attribution opérée, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne, sous réserve de l'application des dispositions du troisième alinéa ci-après.[…]" 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070239&idArticle=LEGIARTI000006353609

Je ne discuterai pas ici du caractere satisfaisant ou non de cette mesure. En effet, pour une représentativité intégrale il faut nécessairement une proportionnelle intégrale. L'option ayant la préférence de Benoit Hamon n'a que de proportionnel que le nom car cette "prime" donne une prépondérance exorbitante au parti vainqueur du second tour et fragilise son opposition en la dispersant.

Je souhaite surtout attirer l'attention de chacun sur le fait que la norme qu'il s'agit ici de modifier est légale et non constitutionnelle.

Pas besoin de changer la constitution pour changer ce mode de scrutin ! Il suffit d'avoir la majorité à l'Assemblée nationale. Or, Benoit Hamon et le PS disposent DEJA de cette majorité.

Pourquoi, dès lors, ne pas effectuer cette modification immédiatement ?

Qu'on ne me réponde pas que la majorité des députés PS est contre une telle mesure vu que 1) Hollande s'était déjà engagé sur une dose de proportionnelle en 2012, donc ils ont été élus sur ce pogramme et 2) Le PS vient de reconduire une grande partie d'entre eux comme candidats aux législatives de 2017. S'ils ont une telle capacité d'obstruction, alors ce sont toutes les annonces de Benoit Hamon qui sont inapplicables (je n'utilise pas pour l'instant le mot programme vu qu'il n'y en a pas).

 

6ème République : la première bataille est gagnée

Posté par le 11/01/2017 dans A la Une, Actus, Médias, Vidéos | 1 commentaire

Amis lecteurs,
Je vous adresse mes voeux les plus sincères pour cette nouvelle année qui débute. Je suis optimiste car je ne me demande pas ce que 2017 fera de nous, mais plutôt ce que nous ferons de 2017.
Si nous continuons de bien travailler, nous en ferons l'année de la Constituante pour la 6ème République.

Nous avons déjà marqué beaucoup de points qui ne doivent pas être sous-estimés, et gagné une bataille décisive, qui marque d'ores et déjà l'Histoire de notre pays.

Sans que les défenseurs de la Vème République ne s'en soient aperçu, nous avons réussi à mettre la Constitution de 1958 en débat. Et c'est déjà énorme, car le propre d'une Constitution c'est de ne pas être discutée. Elle doit, pour incarner sa fonction supra légale et supra politique, recueillir un très large assentiment populaire. Une Constitution peut faire l'objet d'interprétation mais ne peut souffrir d'être contestée dans sa légitimité même.

Dès lors que le débat politique national prend à bras le corps la question de la légitimité de tel ou tel article, c'en est déjà fini. Vous me rétorquerez que la Constitution  a été discutée et révisée souvent depuis 1958. Certes, mais de l'aveu même des universitaires et experts du sujet (comme Dominique Rousseau ou Jean Garrigues), c'est la première fois que le débat ne porte pas sur la répartition du pouvoir entre élus ou entre corps constitués, mais bien sur la place du citoyen, du peuple.

Longtemps nous avons prêché contre la Constitution de 1958 de façon assez isolée.

Ces jours-ci, tout bascule. Sachons reconnaître les indices qui montrent le sens dans lequel l'Histoire se fait, au moment même où elle se fait.

Regardez Arnaud Montebourg qui mentionne l'article 49 al. 3 dans son affiche de campagne.

Affiche Montebourg

 

 

 

 

 

 

Observez Manuel Valls qui opère un retournement si spectaculaire sur le 49 al. 3 qu'il saborde sa propre crédibilité.

Lisez Bernard Cazeneuve et sa défense en règle du 49 al. 3 dans sa dernière longue ITW, celle qu'il a faite au JDD.

Cazeneuve 49 3

 

 

 

 

 

 

 

 

Sachez-le, nous avons gagné la première bataille dans cette guerre contre la monarchie présidentielle. La Constitution de 58 est tombée de son piédestal. Elle est irrécupérable.

Et le plus drôle c'est que plus ses partisans voudront la défendre publiquement, plus ils feront de la Constitution un objet de débat public, renforçant donc sa chute inéluctable.

Par exemple, lorsque Marine Le Pen dit qu'elle "garde le 49-3", ce n'est pas seulement instructif quant à sa véritable conception de la souveraineté (notez-le bien, avec elle, ce n'est pas le peuple qui est souverain, c'est le Président), mais aussi la preuve que d'ici à l'élection d'avril et de mai, tous les candidats devront se positionner sur la question de la monarchie présidentielle et de la 6ème République.

Il nous faut donc accéler la deuxième phase, celle de la grande délibération populaire sur la nouvelle Constitution que nous voulons.

Continuons de mettre en débat nos propositions, comme le droit de révoquer les élus à partir de la mi-mandat et la prise en compte du vote blanc dans le suffrage exprimé, deux mesures qui constituent notre marque de fabrique car elle prouvent que nous ne sollicitons pas des suffrages sur la base d'une confiance aveugle qui est aujourd'hui introuvable dans les profondeurs du pays, mais sur la base de garanties démocratiques solides, garanties qu'aucun autre candidat que Jean-Luc Mélenchon n'est prêt à donner aux citoyens.

Continuons de susciter un désir de délibération constituante, en libérant la parole publique sur les nouveaux droits que nous pourrions gagner en 6ème République, comme le droit de vote à 16 ans, le droit de mourir dans la dignité, le droit à l'avortement, ou le droit de préemption des salariés sur leur outil de travail..

Dans chaque recoin du pays, notre tâche est de faire discuter : de la Règle Verte, de la propriété privée, des nouvelles technologies et ses implications, et de tant d'autre choses nécessaires à notre émancipation humaine.

Le cadre de nos réunions doit permettre à chaque personne présente d'éprouver dans sa chair qu'elle a la légitimité et l'aptitude de formuler une réflexion et même une opinion sur toutes ces questions d'ordre constitutionnel. C'est à nous de faire toucher du doigt à toutes et tous son propre pouvoir souverain.

Commençons à rêver et écrire les articles de la nouvelle Constitution.

Le 5 janvier, en écoutant les voeux de Jean-Luc Mélenchon sur la paix, je me disais qu'il manquait un article pour résumer ce qu'il synthétisait sur la France et sur la paix.

J'imaginais un nouvel article : "La France est une Nation universaliste. Elle postule la paix pour elle et entre toutes les Nations".

Lors du déboulé à Tourcoing, où Jean-Luc Mélenchon a parlé de la souffrance au travail et de la souffrance du non-travail, il a parlé du droit, pour les salariés, de reprendre leur entreprise sous forme de coopérative. Ce droit devra trouver sa place dans la 6ème République.

Il y a mille exemples que de ce qu'il nous reste à faire.

Allez, au travail !

L'année 2017 sera grandiose. Elle sera historique.

Salvador Allende, dans sa dernière allocution radiophonique, a dit : "La Historia es nuestra y la hacen los pueblos". L'Histoire est à nous et ce sont les peuples qui la font.

Regarde, 2017, comme nous faisons l'Histoire !

 

Bonus :

Ci-après une émission de Public Sénat du 10 janvier 2017. "Veme République : passer à la suite ?"

C'est la première fois que je fais une émission de télé face à des universitaires et journalistes à propos de notre méthode de passage à la 6ème République. C'est la première fois que je développe autant notre méthode, celle du passage par l'article 11 de la Constitution.

 

Bonus 2 VOX POPULI Quand le 49.3 devient un sujet de sketchs humoristiques à une heure de grande écoute.. (Excellente punchline de Lamine Lezghad)

 

 

Fin de règne de Hollande et dynamique de la campagne Mélenchon

Posté par le 08/01/2017 dans A la Une, Actus, Médias, Vidéos | 0 commentaires

Samedi 7 janvier, à la veille du "déboulé" de Jean-Luc Mélenchon à Tourcoing consacré à la dignité ouvrière, j'étais invitée sur BFM TV dans le cadre d'un nouveau rendez-vous politique consacré aux débats présidentiels.

J'ai pu expliquer le principal intérêt et objectif de la France Insoumise : abolir la monarchie présidentielle et permettre à chaque citoyen.ne de participer à l'écriture de la nouvelle Constitution.

 

Pour le droit de vote à 16 ans ! Les débats constituants débutent !

Posté par le 05/12/2016 dans A la Une, Actus | 1 commentaire

Ce matin a eu lieu un évenement important dans le chemin vers la 6ème République.

Thierry Solère, grand organisateur de la primaire de la droite et porte-parole pressenti du candidat François Fillon, s'est déclaré – à titre personnel – favorable au droit de vote à 16 ans.

 

 

 

 

Sans le savoir, Thierry Solère vient d'entrer dans le débat constituant que nous suscitons depuis plusieurs années.

L'étendue des droits civiques et politiques est une question qui concerne tous les français et ne saurait être discutée en petit comité. Si nous voulons modifier la Règle du Jeu, il faut alors le faire par le biais d'une Assemblée constituante.

Voter et candidater dès 16 ans est un droit nouveau qui est inclus dans le programme l'Avenir en Commun. Pour la France Insoumise, cela fera partie des nombreux nouveaux qui seront conquis lors de l'Assemblée constituante pour la 6ème République qui sera convoquée par décret présidentiel dès le lendemain de l'élection de Jean-Luc Mélenchon.

Notons que Thierry Solère s'exprime à titre personnel, car les partis de la Ve République n'ont pas été conçus pour cela et ne sont pas les cadres adaptés pour mener le grand débat constituant dont le pays a besoin. Les questions constitutionnelles touchent à la conscience de chacun en tant que citoyen, et ne sont pas déterminés par les affinités partidaires. Tant mieux.

Couv Garrido FayardPuisque le débat est ouvert, je vous livre mes arguments en faveur de la Constituante, dont ceux que j'ai déjà avancés dans mon Guide Citoyen de la 6ème République (Fayard).

 

 

 

1) Le vote à 16 ans a été mis en place lors du referendum sur l’indépendance de l’Ecosse de septembre 2014. Il a été plébiscité par toutes les forces politiques engagées dans cet important débat national.

Selon une députée écossaise (SNP), « l’implication des 16-17 ans dans le referendum sur l’indépendance a été un énorme succès et a massivement contribué à l’engagement démocratique dont l’Ecosse a été témoin ». Selon un sondage TNS pour le quotidien The Scotsman, le referendum sur l’indépendence a “énergisé” l’engagement politique dans la jeunesse. Plus de 50% de 16-35 ans déclarent désormais être davantage susceptible de participer à de futurs scrutins. Energie, succès, contribution massive à l’engagement démocratique, n’en jetez plus! Le bilan de la participation des plus jeunes est unanimement positif.

Il est vrai que ce referendum avait finalement les contours d’une Constituante. En effet, affirmer l’indépendance d’une nation c’est à même temps la définir. Ainsi, le débat référendaire a beaucoup tourné autour de l’identité des écossais, ce qui les définit, ce qui les rassemble, pourquoi ils ont le désir de faire peuple ensemble.Obtenir l’indépendance c’était refonder le peuple écossais.C’était fonder le futur de la Nation. Cette projection vers l’avenir justifie en soi que l’on invite les plus jeunes à donner leur avis. Cela passe par l’abaissement l’âge requis pour avoir le droit de voter.

2) En Catalogne, où la question de l’indépendance se pose également au point que la revendication d’une Constituante a été centrale dans la victoire de la liste d’Ada Colau, le vote à 16 ans a également fait son apparition. Le mouvement Procés Constituent, qui porte cette revendication, était à l’origine de la démarche citoyenne pour les élections municipales. Dans les assemblées citoyennes de la liste Barcelona en Comú qui a gagné les élections de mai 2015, les jeunes ont eu le droit de voter dès 16 ans.

3) En France, nous en sommes au stade la plainte – justifiée – contre la gérontocratie. Au point que récemment certains ont préconisé d’une limite d’âge pour les députés et sénateurs, fixée à 70 ans. En juin 2015, le groupe de réflexion France Stratégie a remis un rapport au Ministre des Sports et de la Jeunesse allant dans ce sens. Il préconise également une limitation des cumuls de mandant à .. 3 mandats successifs. Il y a encore du chemin à faire ! Le député UMP de Vendée Yannick Moreau avait co-rédigé un rapport similaire en 2012 préconisant de restreindre l’éligibilité à 67 ans. Dans une coversation privée qu'il me pardonnera de dévoiler ici, l'écrivain Erik Orsenna m'a dit être favorable à une pondération du droit de vote de chacun en fonction de l'âge. En prenant comme référence les statistiques sur l'espérance de vie, on affecterait la voix de chaque citoyen d'un coefficient. Les voix plus proches de l'âge français d'espérance de vie vaudraient moins que celles des jeunes qui en sont loin. Idée farfelue car elle touche au principe fondamental d'égalité des droits mais elle révèle une chose, c'est qu'il faut bien répondre au problème et mieux prendre en compte les germes du futur que sont les jeunes.

4) Les suites du mouvement contre la loi El Khomri. Premier grand mouvement sur les conditions de travail de tous les salariés déclenché directement par les lycéens, ce  mouvement est né plusieurs mois avant le débat parlementaire, période à laquelle les syndicats se mobilisent habituellement. Logiquement, le protagonisme particulier des plus jeunes a conduit à des revendications civiques. En effet, dans cette affaire, ils ont fait preuve de plus d’esprit civique que leurs aînés. C’est ainsi que l’UNL, premier syndicat lycéen, revendique désormais le droit de vote à 16 ans. Comment les applaudir lorsqu'ils organisent des mombilisations d'intérêt général mais les brimer lorsqu'ils revendiquent légitimement une existence civique complète ? Ce serait incohérent. Ou alors il faut interdir aux mineurs de manifester. Impensable !

Bien sûr, il faudra entendre certaines objections sensées et y répondre.

5) Articulation avec l’ordonnance de 1945 sur la jeunesse délinquante : L'Ordonnance de 1945 protège à juste titre les mineurs délinquants en les considérant d’abord comme des enfants en danger. Mais en droit, les deux âges ne sont pas corrélés. Nous sommes pour défendre et préserver l’Ordonnance de 1945 et maintenir l’âge de la majorité pénale à 18 ans. En toutes hypothèses (vote à 16 ans ou non) l’Ordonnance de 45 est fortement attaquée, et encore plus depuis que des mineurs ont été arrêtés dans le cadre de projets « terroristes à l’appel  de Daesh ». La question de la jeunesse délinquante est importante et complexe, et en définitive on voit mal en quoi l’accession à la plénitude de citoyenneté serait contre-productive dans la lutte contre la délinquance des jeunes.

6) Articulation avec les Conventions de l’OIT : L’OIT fixe des règles fondamentales sur l‘interdiction du travail des enfants (Conventions de l’Organisation internationale du Travail n°138 (1973) sur l’âge minimum et n°182 (1999) sur les pires formes de travail des enfants). Il ne faut surtout pas que l’acquisition de nouveaux droits pour les jeunes se fasse à leur propre détriment. En l'occurrence il n'y a pas de risque car le respect des normes fondamentales de l’OIT concernant le travail des enfants n’est en rien remis en cause par le droit de vote à 16 ans, bien au contraire. L’accès à la citoyenneté est l’occasion de renforcer la compréhension de ces normes fondamentales au travail.

7) Articulation avec l’âge d’obligation scolaire : France Insoumise propose de porter l'âge d'obligation scoalire à 18 ans, plutôt que 16 aujourd'hui. Jumeler le droit de vote à 16 ans avec une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans crée une dynamique vertueuse, car les jeunes de 16 à 18 ans ont le droit (l’obligation) de participer à la vie civique alors qu’ils sont encore « sous main » de l’école, ce qui donne une fonction et une justification encore plus importante à ces deux années supplémentaires de scolarisation, alors que le discours dominant voudrait qu’à cet âge la formation vise essentiellement la préparation à l’insertion sur le marché du

On dira aussi que les jeunes sont trop.. jeunes. Trop dociles ou trop fougueux, en tout cas trop manipulables.

8) Il faudra réfuter ces à priori comme on le fit jadis pour les femmes. On dira : « ils voteront comme leur diront leurs parents » comme on disait « elles voteront comme le prescriront leurs maris, voire le curé ». L’argument ne tient pas sur le long terme, et si la question de la manipulation (par les sondages et medias notamment) se pose effectivement, elle se pose pour tout le monde. On dira que la mobilisation des jeunes est une démagogie destinée à fausser les résultats électoraux. Relevons qu’en Ecosse, selon un sondage commandé par un Lord Conservateur, les 16-17 ans ont voté à 71% pour l’indépendance. Donc leur n’a pas changé l’issue du scrutin, puisque c’est le non qui l’a emporté.

8 ) Le cerveau humain se développe jusqu'à .. 25 ans ! Les plus récentes recherches montrent que le cerveau ne finit son développement qu'aux alentours de 25 ans. Sur le site NPR, Sandra Aamodt, spécialiste en neurosciences, s'appuie sur des scanners de cerveau pour appuyer cette hypothèse. "Les changements qui surviennent entre 18 et 25 ans sont la continuité d’un processus qui commence vers la puberté, ainsi les jeunes de 18 ans ne sont qu’à la moitié de ce processus. Leur cortex préfrontal n’est pas encore complètement développé", détaille-t-elle.

Le cortex préfrontal sert à prendre des décisions, à planifier, organiser notre comportement, pour atteindre un but. Ce n'est pas la seule partie du cerveau qui ne serait pas assez développée. Elle ajoute que tout le système de récompense du cerveau, qui permet de s'intéresser à certaines situations pour y gagner quelque chose, "s'active pile à la puberté, puis va graduellement vers un niveau adulte, qu'il atteint aux environs de 25 ans". Une étude publiée en 2005 soutient ces propos.

Faudrait-il alors imaginer une majorité civile à 25 ans? Probablement pas. Les sociologues, notamment, ont réagi négativement à l'annonce des psychologues anglais du recul du curseur de l'entrée dans l'âge adulte. Frank Furedi, sociologue à l'université de Kent (Angleterre), reproche sur la BBC une "infantilisation des jeunes", ce qui accroît le nombre de personnes à vivre encore chez leurs parents à 20 ans.

Encore une fois, même si le cerveau continue à évoluer jusqu'à 25 ans, cela ne veut pas pour autant dire qu'à 18 ans, on est incapable de prendre une quelconque décision, ni d'assumer ses responsabilités. Comme le soulignait Angélique Kosinski Cimelière, la prise de responsabilité dépend souvent de l'environnement dans lequel on évolue [extraits de http://m.huffpost.com/fr/entry/5556020].

9) D'autres pays ont ouvert ce droit : le droit de vote à 16 ans existe notamment en Argentine, Nicaragua, Équateur et au Brésil.

Conclusion

L'objectif de la Constituante pour la 6ème République est d'élargir une démocratie qui est viellissante, fatiguée, infantilisée et atrophiée. Pour revivifier tout cela, il faut des droits nouveaux, comme le droit de révoquer les élus, comme la prise en compte du vote blanc dans le suffrage exprimé, et comme d'autres modalités de démocratie directe et permanente. Mais il faut aussi du sang neuf. Je dis donc bienvenue aux jeunes et je vous invite tous à poser cette question lors de vos dîners de fêtes de fin d'année. C'est comme cela que se forgera l'inélucatble passion constituante qui est une perspective positive et enthousiasmante dans ces temps, pathétiques et monstrueux, de fin de règne. La Ve République se meurt.. Vive la 6ème République !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Attaquée par Marine Le Pen : Lettre à mes soutiens

Posté par le 22/11/2016 dans A la Une, Actus | 75 commentaires

Madame, Monsieur,

Depuis juin 2012, je suis poursuivie en Justice par Marine Le Pen.

C'est dans ce cadre que vous avez manifesté votre soutien. Soyez assuré de ma plus sincère gratitude.

Le 15 fevrier 2017, la Cour d'Appel de Paris a débouté Marine Le Pen de ses demandes contre moi.

 

Récapitulons les étapes antérieures :

Juin 2012

* Marine Le Pen fait fabriquer et distribuer un tract illégal à quelques jours des élections législatives. Ce faux-tract, qui est un montage de l'image et des paroles de Jean-Luc Mélenchon, vise ouvertement à développer une hystérie anti-immigrés dans la circonscription.

* Marine Le Pen avoue être l'auteure du faux tract dans des déclarations sans équivoque sur Canal + et France 3.

* Devant l'inertie des autorités compétentes, Jean-Luc Mélenchon cite directement Marine Le Pen devant le Tribunal correctionnel de Béthune. C'est mon Confrère Erwann Lorvellec et moi-même qui rédigeons la citation. Elle indique que Marine Le Pen a violé l'article 226-8 du code pénal et l'article L97 du code électoral.

* Je rapporte à l'AFP le contenu de la citation directe et je déclare "Nous sommes sûrs de nous quant au fait que c'est une délinquante".

* Marine Le Pen porte plainte contre moi pour diffamation. C'est la première fois que le FN attaque un avocat pour le simple fait d'exercer son métier.

 

Avril 2014

* Après deux années de manoeuvres dilatoires, Marine Le Pen est condamnée à 10 000 € d'amendes dans l'affaire des faux tracts.

 

Mai 2015

* En Appel, Marine Le Pen change sa version des faits et nie être la commanditaire du tract délictueux. Elle est relaxée par la Cour d'Appel de Douai. Cela ne veut pas dire que la distribution de faux-tracts est légale, mais que la preuve n'est plus rapportée de la responsabilité personnelle de Marine Le Pen. Les aveux télévisés sont tout bonnement ignorés, au profit des déclarations de personnages du FN qui étaient présents sur les lieu de la diffusion du faux-tract.

  • Il est à noter que le début d'enquête en flagrant délit n'a jamais été communiquée à l'audience. Le représentant du Parquet a indiqué que le dossier de procédure avait été "égaré". Cette désinvolture de l'Etat face aux délits du Front National est d'une gravité extrême. En effet, si les institutions avaient fait leur travail, Marine Le Pen pourrait être inéligible aujourd'hui.

 

Mai 2016

* Le Tribunal de Grande Instance de Paris me relaxe. Lorsque j'ai dit que Marine Le Pen était une délinquante, j'étais de bonne foi et je faisais mon travail d'avocate.

* Marine Le Pen fait appel.

 

7 décembre 2016

* Procès en appel devant la chambre 7, pôle 2, de la Cour d'Appel de Paris

 

15 fevrier 2017

> Arret de la Cour d'Appel confirmant le Jugement du TGI dans toutes se dispositions.

> L'avocat de Marine le Pen a fait savoir a la presse que cette derniere formait un pourvoi en cassation.

 

La bataille n'est donc pas terminée.

Je me permets de solliciter à nouveau votre attention, afin de faire circuler encore la pétition et afin que s'exprime de la façon la plus visible qui soit le refus des démocrates que nous sommes face à des méthodes aussi ouvertement anti-démocratiques. La dangerosité du Front National réside dans ces comportements très concrets. Je vous invite à continuer de les dénoncer, notamment par les réseaux sociaux.

A l'audience j'ai pu compter sur la solidarité de nombreux avocats du Syndicat des Avocats de France, qui etaient derrnière moi, en robe, pour défendre notre liberté d'expression professionnelle.

Les membres de France insoumise, le mouvement de soutien à Jean-Luc Mélenchon, etaient également présents à l'audience avec moi.

Enfin, je souhaite remercier mon avocat devant la Cour d'Appel, le Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel, ainsi que mon client Jean-Luc Mélenchon, qui a été toujours été derrière moi dans l'adversité.

Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les plus respectueuses et l'expression de ma profonde gratitude pour votre soutien.

 

Raquel Garrido

Avocate au Barreau de Paris

photo Raquel avocate debout

 

Marine Le Pen délinquante ? Ecoutez ses aveux [VIDEO]

Posté par le 22/11/2016 dans A la Une, Actus, Médias, Vidéos | 7 commentaires

En juin 2012, Marine Le Pen a fait faire un tract illégal à quelques jours du scrutin. Elle a avoué à la télévision être l'auteur du tract.

Sur ces images de Canal + et de France 3, l'usage de la première personne du singulier est on ne peut plus clair.

C'est sur le fondement de ces aveux que MLP a été condamnée par le Tribunal Correctionnel de Béthune à 10 000 € d'amende.

En appel, Marine Le Pen s'est dédite et a fait dire à son avocat que ce n'était pas elle. Cette lâcheté sans nom a convaincu la Cour, qui l'a relaxée.
 

Demain, c'est moi qui passe devant la Justice car lors du dépôt de la citation directe à l'encontre de MLP j'ai déclaré, en tant qu'avocate de Jean-Luc Mélenchon, que j'étais sûre quant au fait que Marine Le Pen était une délinquante.

C'est le comble, non ? C'est elle la tricheuse et la menteuse, et c'est moi l'accusée!

Faites circuler cette vidéo qui montre bien ce dont Le Pen et le FN sont capables.

Mon procès aura lieu à la Cour d'Appel de Paris, chambre 7 pôle 2, à 15h.

Je compte sur le soutien des avocats du SAF, des militants de la France Insoumise, et bien sûr de mon avocat, le Bâtonnier Charrière-Bournazel.

 

* En 2013, lors de mon procès devant le Tribunal de Grande Instance, une pétition de soutien avait été lancée.

Il est encore possible de soutenir en apportant votre signature !

 

 

Pétition de soutien à Raquel Garrido

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8,602gerard jovetauxerreperso
8,601Laurent MetzgerWolfisheim67202
8,600denis lebontruinasretraité
8,599Bernard DAGUETFrance Insoumise
8,598Martial NEMES
8,597Gilles Schoen
8,596Benjamin Durier
8,595lise ketterer
8,594farid smailsainte gauburgecitoyen
8,593catherine milletbesançoncitoyenne
8,592Séverine Haberer Saint Vincent de mercuze
8,591Yacine LallemToulouseChômeur
8,590Laurence DenneulinLyonEtudiante
8,589Jacques Le MerlusBaudArtiste Penseur Insoumis
8,588Fabrice Guillot
8,587jean-luc sinoquetfriville-escarbotin80130
8,586martine et michel viautelgrucretraités
8,585michel labardinFourques sur Garonne47200
8,584Arnaud ValentinNimesFI
8,583Nathalie Bonis
8,582klaus gerkecreteilinsoumis
8,581Béatrice LEFEBVRE TUBIZE Privé
8,580Didier GildasMontpellier
8,579annick bexvenetque
8,578simone gentilhommebrain sur l'authion49800
8,577annalysa Le CalvePontivy56300
8,576Akim AgueniBAILLY ROMAINVILLIERS77700
8,575Frédéric CauchyAubervilliers
8,574Catherine Faurecitoyenne pour la VIe République
8,573Cenap NardanGenèveS.d.f.
8,572Lambert PierreAncier
8,571Jérôme JacqueminBoulogne-sur-MerSimple citoyen
8,570André LavenuDieppeRetraité / PCF
8,569alexandre demangebrienne le chateau
8,568Alain ValbertChevalet
8,567julien FourelBruxellesFrançais de l'étranger
8,566Hatim-Pierre FAZILEABASSEEtudiant
8,565Jean Louis Clémentmilitant
8,564helene coulonpoitiers86000
8,563Martial FontCannes
8,562Stephan Matthey Jonais Montpellier
8,561Christian BoucherStockholmPersonne privée
8,560Agnès RicciardiCastanet
8,559Yves CHAPONNIMESINSOUMIS
8,558Pierre MarquèsNissan lez Ensérune
8,557Nathanaëlle PallaresBordeauxInsoumise
8,556Robert DupuisANNONAY07100
8,555Nicolas Poiriernyons
8,554Damien LeballeurLe HavreAgent de maîtrise
8,553Martine Ternisien d'OuvilleSaint Martin des Entrées14400
8,552Cocochyna Varela Val de Marne
8,551jacky renaudgasnyretraite
8,550François Diaz MaurinBarceloneChercheur
8,549Nathalie Nicolas nimes
8,548Andre ARNAUDSaint Clair de la Tourcitoyen poyr JLM
8,547jonathan janin37240

Le populisme expliqué en 2 minutes

Posté par le 11/11/2016 dans A la Une, Actus, Médias, Vidéos | 0 commentaires

L'élection de Donald Trump provoque moults commentaires et questionnements.

Parmis ceux-ci, une référence revient constamment : le populisme.

Mais qu'est-ce que le populisme ?

 

Le populisme expliqué en 2 minutes par Raquel Garrido

Qu'est ce que le populisme?
Une explication en deux minutes.

Posted by Raquel Garrido on Friday, November 11, 2016

 

 

Qui a dit que Karine Le Marchand ne comprenait rien à la politique?

Posté par le 08/11/2016 dans A la Une, Actus | 0 commentaires

"Vous croyez que les gens qui sont assis sur leur tas d'or vont vous laisser partager?"

Question très pertinente de Karine Le Marchand.

Je ne sais pas si elle a une carte de presse mais des analyses aussi limpides on en voudrait plus souvent à la télé!

Ecoutez la réponse de Jean-Luc Mélenchon.

Dans « peuple communiste » il y a peuple

Posté par le 03/11/2016 dans A la Une, Actus | 13 commentaires

A l'heure où j'écris ces lignes, les candidats à la Primaire de la droite se préparent pour leur deuxième débat télévisé.

Ce soir, quelles que soient leurs opinions politiques, les téléspectateurs seront nombreux à penser que le prochain président de la République se trouve dans cette brochette de débatteurs.

Cette projection n'est pas qu'une vue de l'esprit. Elle est, tout simplement, la prise en compte des résultats électoraux récents, et malheureusement pour notre niveau national de maturité politique, l'absorption telle quelle des prédictions des sondages.

Je ne me résoud pas à cette éventualité.

C'est la raison pour laquelle je veux m'adresser aux communistes, qui franchissent ce weekend une étape importante de leur délibération collective au sujet de l'élection présidentielle de 2017.

J'ai beaucoup lu de débats et de commentaires à ce sujet, notamment dans la presse et sur les réseaux sociaux.

Il me semble que la discussion est embrouillée par pas mal de scories qui empêchent d'y voir clair.

J'entends des procès d'intention à la pelle : L'objectif de la France insoumise serait de détruire le PCF. L'objectif du PCF serait de nuire à Jean-Luc Mélenchon auquel il vouerait une animosité sans bornes. L'objectif de la France Insoumise serait d'empêcher l'élection ou la réelection de tout candidat communiste. Le PCF n'aurait plus qu'une seule vocation dans la vie, avoir des élus coûte que coûte.

Le blame-game carbure à fond : Jean-Luc Mélenchon aurait rendu tout travail en commun impossible en déclarant sa candidature hors cadre de partis. Jean-Luc Mélenchon aurait tout gâché en lançant la campagne dès février. Le PCF aurait une illégitimité à vouloir peser sur le cours de la campagne parce qu'il serait "arrivé le dernier".

Toutes les affirmations ci-dessus sont fausses, évidemment. Les insoumis ne veulent pas détruire le PCF. Et pourquoi pas la CGT, tant qu'on y est? Les communistes ne détestent pas Jean-Luc Mélenchon et ne sont pas mûs, dans leurs décisions politiques, que par des considérations de personnes. Les insoumis ne voient aucun mal à ce que les français élisent des communistes, surtout pas à l'Assemblée Nationale où le scrutin est uninominal. Les communistes ont une vocation programmatique et des principes politiques ancrés. Ils ne sont pas des putes à mandat. La France Insoumise est un mouvement qui vise à s'élargir constamment et en conséquence toute personne qui arrive y sera traitée avec respect et égard, même celle qui n'arrivera que la veille du scrutin présidentiel ou à la dernière minute, juste avant de rentrer dans l'isoloir. Je ne prends absolument pas ombrage du fait que les communistes défendent bec et ongles leur vision politique, et il me semble que l'argument de l'antériorité au sein de la France Insoumise est inopérant et même un danger pour la suite. Quant à l'antériorité "auprès de Jean-Luc Mélenchon" c'est carrément un argument débile vu que Jean-Luc ayant lui même changé à quelques reprises de stratégie politique, la proximité avec lui ne signifie rien politiquement, en tout cas pas en soi.

Je voudrais donc tenter de présenter le plus sobrement et simplement possible le désaccord politique qui est en jeu, afin de créer un cadre loyal et rationnel de discussion. Cette réflexion, chaque militant de gauche doit la mener. Et chacun y apportera sa propre réponse, à son propre rythme. Et si des désaccords persistent, ce n'est ni illégitime, ni une catastrophe. Et comme me disait récemment une amie, les débats politiques ne sont véritablement tranchés que lorsque plus personne n'en débat. Il n'y a pas, dans cet espace politique qui nous englobe tous, de possibilité de clore le débat par acte d'autorité.

Donc débattons.

J'ai quitté le Parti socialiste en novembre 2008 pour nombre de raisons parfaitement évidentes mais aussi parce que j'avais la garantie que quelques mois plus tard, en mai 2009, le Parti communiste était partant pour faire une liste commune aux élections européennes avec le petit parti que nous fondions, le Parti de Gauche. C'est donc directement aux communistes que je dois cet acte politique décisif dans mon parcours.

Je le rappelle pour montrer que je ne suis ni amnésique ni ingrate. Le Front de Gauche est né dans ces listes "Front de Gauche pour changer d'Europe" en 2009 et c'est bien le PCF qui a rendu possible cette scission du PS dont on voit aujourd'hui les effets de façon de plus en plus spectaculaire.

J'ai été au premier rang des batailles électorales menées au nom du FDG depuis 2009. J'ai été la candidate des communistes à tout un tas d'élections. J'ai éprouvé les qualités de ce qu'on appelle communément le "peuple communiste". J'aime les personnes qui s'engagent, d'une façon générale. Et les communistes sont des citoyens engagés admirables. Souvent les plus dévoués, souvent les plus disponibles, souvent les plus lettrés et les plus formés à la théorie politique. Non par appartenance à des classes sociales hautement scolarisées, mais par volonté personnelle et collective de s'extraire de l'aliénation et du déterminisme social par la lecture, la formation, et la culture. L'émancipation de la classe ouvrière, objectif politique asséné comme un leitmotiv par nos anciens, on en voit des traces réelles et vivantes parmis les militants communistes.

Ces expériences politiques au sein du Front de Gauche m'ont donc beaucoup apporté, et beaucoup appris.

Pourtant, le Front de Gauche a été un échec électoral, en tout cas depuis les élections législatives de 2012.

Je ne veux pas entrer ici dans l'analyse de chaque échec en particulier. Certaines raisons sont évidentes, d'autres plus subjectives et discutables. En tout état de cause, notre stratégie a évolué au fil du temps, ou plus exactement au fil des échecs.

J'ai appliqué loyalement la ligne des "ayants-droits de l'élection de Hollande".

J'ai appliqué assidûment la ligne de "l'opposition de gauche à François Hollande".

J'ai appliqué sans flancher la ligne de "l'unité de l'autre gauche pour passer devant la social-démocratie".

J'ai même appliqué la ligne de "l'unité de l'autre gauche suivie d'une fusion avec le PS".

Bref, on a beaucoup essayé, et on a beaucoup échoué.

Ce n'est donc pas par sectarisme ou mégalomanie que nombre de camarades ne veulent plus revivre les lignes politiques déjà éprouvées dans les faits.

Dans mon cas, c'est par fatigue, et même par respect pour moi même. Je veux être sûre que quand je lâche mes enfants ou mon boulot pour militer, que ce soit pour une raison vraiment valable. Récemment, j'ai ressenti de la honte à passer des heures interminables dans des réunions politiques sans vie ni élan qui n'ont abouti qu'à des échecs, des rancoeurs, et des détestations. Je ne veux plus le faire. Je ne le ferai plus.

Pour autant, je n'arrête pas de militer.

En effet, un autre militantisme est possible. Une autre stratégie est possible. D'ailleurs, plusieurs stratégies sont possibles, et il est légitime d'en discuter.

Si je tente de résumer les stratégies existantes à gauche, je peux lister les suivantes :

Stratégie n°1

Il n'y a plus que 52% des français qui votent à toutes les élections. Dans cet espace, la droite et l'extrême-droite font 2/3 des voix. La gauche (au sens très très large) fait un tiers des voix.

Nous sommes donc minoritaires, mais nous pouvons garder le pouvoir gouvernant par une astuce : se retrouver face au FN au 2nd tour. Pour réussir ce tour de passe passe (au mépris du principe démocratique de majorité), il faut juste passer la barre du premier tour et arriver au second. Donc il faut un candidat unique de la gauche. Pas besoin de programme ni de principes (surtout pas, d'ailleurs), le seul objectif est que le candidat soit UNIQUE. C'est la stratégie de Jean-Christophe Cambadélis.

L'autre face de cette stratégie qui est clairement inavouable, c'est la "crainte de l'effacement de la gauche au second tour". On brandit avril 2002, on brandit le risque fasciste qui vient, et on en arrive au même résultat : candidat unique de la gauche. Il est minoritaire mais il passe le second tour et exerce le pouvoir gouvernant par rejet du FN. C'est la stratégie de tous ceux qui, opposés à  la politique de Hollande, participent à la primaire du PS*.

Stratégie n° 2

Il n'y a plus que 52% des français qui votent à toutes les élections. Dans cet espace, la droite et l'extrême-droite font 2/3 des voix. La gauche (au sens très très large) fait un tiers des voix.

C'est la faute au PS et plus spécifiquement au Gouvernement. Donc il faut unir la gauche anti-gouvernementale et régler une bonne fois pour toutes le problème de "la direction de la classe ouvrière", pour reprendre nos références communes. Cela risque de diviser la gauche et l'éliminer du second tour, mais au moins cela contribue à la refondation de la gauche après la défaite à la présidentielle, et ce dès les élections législatives où la gauche "nouveau format" pourrait incarner l'opposition à la droite. C'est, sauf erreur de ma part, la stratégie de la direction du PCF* et d'Ensemble. Dans le cadre de cette stratégie, ce qui compte c'est la capacité à regrouper les appareils militants et les organisations de la gauche anti-gouvernementale.

Je respecte cette position mais je ne participerais pas à sa mise en oeuvre. Il me semble que c'est peu ou prou la même stratégie que nous avons mis en oeuvre avant (notamment aux élections européennes de 2014), avec le résultat que l'on connaît. Mon expérience personnelle m'enseigne que les français ne sont pas interessés par un règlement de comptes au sein de la gauche. Malgré toute la détestation qu'ils ont pour Hollande et le Gouvernement, faire du anti-Hollande ne donne pas envie de voter. Cela passe même pour de veines querelles alors que le Front National et la xénophobie gagnent chaque jour du terrain. La stratégie de Cambadélis, qui joue sur le sentiment de peur du FN, a selon moi plus de chances de réussir que cette stratégie de l'unité de la gauche anti-libérale ou anti-gouvernementale.

Stratégie n°3

Il n'y a plus que 52% des français qui votent à toutes les élections. Dans cet espace, la droite et l'extrême-droite font 2/3 des voix. La gauche (au sens très très large) fait un tiers des voix.

Pour avoir une majorité, il faut donc ramener aux urnes les 48% qui ne votent plus ou n'ont jamais voté. Il faut les ramener aux urnes parce que la dignité en dépend. Les français qui ne votent plus sont des statistiques de l'abstention, du chômage, de la délinquance, de la pauvreté, mais pas des citoyens. Ils sont des numéros d'allocataire, des numéros de demandeurs, mais pas des citoyens. Avoir une dignité civique, c'est le point de départ.

Voilà le changement de paradigme. Voilà le changement de perspective. Ne réflechir que dans le cadre de la France qui vote encore, c'est à la fois injuste par ce qu'on laisse dans l'oubli la moitié de nos concitoyens, et inefficace, parce que c'est là que se trouvent ceux qui souffrent concrètement de la société capitaliste et productiviste et qui auraient interêt à la changer.

Ce changement de paradigme a plusieurs conséquences.

Il élimine ipso facto le scénario numéro 1 (primaires socialistes et candidat unique de la gauche). En effet, il est rigoureusement impossible d'aller chercher les dégoutés avec ls dégoutants. Question de pure logique.

Il élimine aussi le scénario numéro 2 car les dégoutés n'en ont RIEN A FAIRE de la "recomposition de la gauche" et de ses appareils.

Il impose un changement dans les façons de faire. Par exemple, valoriser la participation directe de chacun sans égard à son parcours antérieur plutôt que la négoication traditionnelle entre partis. C'est ce que nous avons fait avec la Convention nationale de France Insoumise à Lille et la méthode d'élaboration du programme.

Il impose un changement de point de vue quant à la notion même de suffrage universel et de représentativité. Quand on est dégouté, ce qui nous parle c'est la prise en compte du vote blanc et le droit de révoquer les élus, par exemple.

Il impose de prioriser l'abolition de la monarchie présidentielle sur le jeu électoral de la Ve République.

Ces nouvelles façons de faire sont enthousiasmantes aussi pour la militante de gauche que je suis, car elles permettent d'imaginer ce que serait la société nouvelle de la 6ème République, avec ses nouveaux droit économiques, personnels et environnementaux. Elles permettent de concevoir la politique comme un immense acte d'inclusion et de mise en commun (c'est l'objectif de la Constituante) plutôt que comme une nouvelle preuve des discriminations belligènes à l'oeuvre dans notre pays.

Dans ces temps obscurs où la violence et le meurtre sont là, cette stratégie est un authentique rayon de Lumière.

Cette stratégie porte un nom, le populisme, défini nom pas comme une idéologie ou un régime politique, mais comme l'effort conscient de créer les frontières entre le EUX et le NOUS qui existent nécessairement dans toute société politique. Nous définissons les frontières de la division fondamentale, insurmontable, au sein de la société politique fraçaise. La Summa Divisio, comme on dit dans les études de droit.

NOUS, c'est le PEUPLE (groupe de personnes exerçant communément et effectivement le pouvoir politique). On peut dire, aussi, mais c'est un pléonasme, PEUPLE SOUVERAIN.

EUX, c'est l'OLIGARCHIE. C'est à dire ce petit groupe d'hommes politiques, de magnats de la finance, de hauts-fonctionnaires, qui captent le pouvoir politique et économique à leur seul profit.

Notre populisme est un outil pour rassembler la très grande majorité des français.

Notre populisme est un outil pour battre l'extrême-droite et l'oligarchie qui ont pour point commun de désigner leur NOUS et leur EUX.

Pour l'oligarchie, qui veut passer inaperçue, l'idéal c'est de pointer le doigt vers EUX, les migrants, EUX, les musulmans, ect..

L'extrême-droite, qui pointe dans la même direction, est totalement fonctionnelle à l'oligarchie.

Nous devons contester leur domination culturelle en imposant notre propre hégémonie culturelle. Je ne fais l'injure à mes camarades communistes de leur parler de Gramsci, qu'ils connaissent mieux que moi.

Je comprends les appréhensions face à cette stratégie novatrice que d'aucuns appeleront aventurière. Je comprends les préventions de ceux qui préfèrent "faire vivre le clivage droite-gauche" plutôt que d'alimenter, au moins conjoncturellement, sa décomposition.

Je ne jette la pierre à personne.

Je ne demande qu'une chose, c'est que l'on donne acte aux Insoumis d'être sincères dans leur démarche. Comme dit ma belle-mère quand nous sommes à table, "si vous n'aimez pas, n'en dégoutez pas les autres".

J'ai espoir que "mucho mas temprano que tarde" (pour reprendre la formule de Salvador Allende dans sa dernière allocution radiophonique), les communistes voudront entrer dans la bagarre face à la droite et l'extreme-droite et leur corollaire nécessaire : l'apathie civique.

Je suis certaine que cette joie de militer ensemble que nous avions quand nous pensions avoir trouvé la solution avec notre FDG tout beau tout chaud, nous la retrouverons dans cette campagne présidentielle, à un moment ou un autre.

J'espère que cette lettre vous aura convaincu qu'il n'y a, de la part des Insoumis, ni animosité, ni arrongance, ni mépris.

Il y a peut-être des désaccords politiques. Cela arrive. Traitons-les dans le respect de nos convictions mutuelles, et même dans le respect de nos tâtonnements et hésitations respectifs.

Je vous souhaite une bonne réunion ce weekend!

Sur ce, j'allume la télé pour écouter la brochette des candidats de droite. Les écouter pour les combattre, et pour veiller à ce qu'en mai 2017, aucun d'entre-eux ne soit Président de la République.

 

*Addendum, vendredi 4 novembre 12h40 :

Pierre Laurent a annoncé ce matin que parmi les choix proposés aux adhérents PCF, il prévilégiait le soutien à la candidature Mélenchon.

C'est une déclaration qui prouve que le problème posé n'était pas la personne de Jean-Luc Mélenchon.

Dans sa conférence de presse, il affirme parallèlement qu'il souhaite continuer à oeuvrer pour une candidature unique de la gauche, éventuellement autour d'Arnaud Montebourg si ce dernier était élu.

En fait, contrairement à ce que j'écrivais plus haut, Pierre Laurent semble encore privilégier le scénario n°1…

Le débat reste donc plein et entier. Tant que les termes du débat sont clairs, ce n'est pas grave. Débattons!

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Que faire pour ALSTOM ? Nationaliser.

Posté par le 14/09/2016 dans A la Une, Actus, Médias, Vidéos | 0 commentaires

Aujourd'hui j'étais invitée de l'émission Les Grandes Gueules (RMC), désormais filmée et diffusée sur la chaîne N23.

Nous avons traité de l'entreprise ALSTOM, qui annonce la fermeture du site de Belfort.

J'ai expliqué en quoi cette annonce relevait d'une pure logique financière.

En vertu de l'accord passé par l'Etat en février 2016, celui-a pris une option d'achat de 20% des actions d'ALSTOM à Bouygues, qui les détient actuellement.

Bouygues voudrait que l'Etat achète ces parts à 35 € chacune. L'Etat veut un prix inférieur, raison pour laquelle Bouygues à jusqu'à maintenant refusé de céder ses parts à l'Etat.

Toujours en vertu de l'accord, l'Etat aura la possibilité, au bout de 20 mois, d'acheter les actions au prix du marché, qui est actuellement inférieur à 35€.

Bouygues veut donc à tout prix faire grimper le cours de l'action. Pour bien ponctionner les deniers publics! Cette annonce de fermeture est un cas d'école du fonctionnement de la finance. Pour faire monter les actions on annonce des fermetures! Au mépris du savoir-faire et des travailleurs.