En campagne, sur les pas de Jean Jaurès

Posté par le 20/05/2012 dans A la Une, Actus | 1 commentaire

En 1911, de mi-juillet à fin octobre, Jean Jaurès s'est rendu au Brésil, en Argentine et en Uruguay.

Seul grand périple international de sa vie, ce séjour fut l'occasion pour lui de s'intéresser intensément à la politique, l'histoire, la littérature, la culture locale. Ce ce voyage, on connaît le contenu de huit conférences qu'il a données au Teatro Odeon de Buenos Aires (un parking, aujourd'hui!). De ses discours à Rio et à Montevideo, nulle trace. Enfin, jusqu'à présent. Je continue de penser qu'avec un peu de persévérance on retrouvera écho de la présence de Jaurès ici.

On disait bien qu'il n'existait pas de photos de Jaurès à Buenos Aires. Ces photos, je les ai pourtant retrouveées en 2009, grâce à une recherche menée avec mon complice Ariel Basteiro, à l'époque député socialiste argentin.

Les discours de Jean Jaurès (dits en français) étaient traduits le jour même par des militants et publiés le lendemain dans La Vanguardia, le quotidien du mouvement socialiste naissant fondé par le Dr. Juan B. Justo. Ces textes, nous les avons ramenés en 2010 et traduits en français grâce au travail bénévole des traducteurs du Parti de Gauche. Guillaume Beaulande, actuel responsable du réseau de traducteurs, et Juliette Estivill, actuellement candidate du Front de Gauche dans la 5ème circonscription des français de l'étranger (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco), étaient parmis les traducteurs, avec 2 autres camarades.

Nous avons donc eu l'honneur de publier le seul inédit récent de Jean Jaurès, avec une préface politique de Jean-Luc Mélenchon et une préface historique d'Alexis Corbière. Quelle fierté!

Ce bouquin, je l'ai donné en main propres à la présidente Cristina Kirchner le 11 septembre 2011 lors de son passage à Paris. Le matin même, elle avait rencontré Nicolas Sarkozy. Ell m'a dit avoir été effarée de l'absence d'intérêt du président français pour la méthode de sortie de crise en Argentine. Elle m'a rappelé que son "Néstor" disait que "les morts ne paient pas leurs dettes". Rien ne sert, donc, de saigner les peuples. Ils doivent d'abord vivre, et ensuite, seulement, envisager de payer. Dans la mesure du raisonnable. Je rappelle que 82% de la dette argentine est restructurée et un accord pour le paiement de 25% seulement de la valeur faciale des obligations d'Etat a été conclu par N. Kirchner avec le FMI et les détenteurs d'obligations.

Le livre a été re-publié en espagnol.. au Vénézuela! Sous l'impulsion de S.E. Jesus Arnaldo Pérez, grand admiratuer et connaisseur de Jean Jaurès. J'en ai ramené quelques exemplaires. J'avais promis à la Présidente Kirchner de lui en donner un, j'espère pouvoir le faire.

Je sais que l'Ambassadeur de France au Venezuela avait pour projet de publier une édition bilingue à l'attention des alliances française. J'espère que ce projet verra le jour. Ce serait un formidable rappel des lien qui unissent la gauche française à l'Amérique du Sud.

A l'occasion de ce déplacement en campagne législative, je vais une nouvelle fois sur les pas de Jean Jaurès. Ses textes m'accompagnent. Je me place sous son bienveillant parrainage. Moi aussi, j'irai à Rio, Buenos Aires et Montevideo.

Aujourd'hui je suis à Rio de Janeiro. Jaurès y était au mois d'août. C'est l'hiver. Il a plu toute la semaine, mais aujourd'hui il fait grand soleil.

Avant notre réunion publique de 17h, j'ai eu une réunion en bord de plage de Leme avec des français cariocas. Parmis, eux, Aurélie et Nicolas, profs de math. Aurélie est enceinte de 8 mois. Leur fille naîtra ici. Elle sera brésilienne car le Brésil donne automatiquement la nationalité aux enfants nés ici. C'est une des propositions du Front de Gauche: Jean-Luc Mélenchon l'a dit dans son discours de la Bastille, puis lors de son discours de Marseille : "Droit du sol intégral : Né en France, français". C'est ce que nous voulons, c'est ce qui a fait la force de ces grandes et belles nations du Cône Sud.

Lorsque Jean Jaurès donne ses discours devant les socialistes argentins, il sait qu'à ce moment-là, seuls 18% des habitants de Buenos Aires y sont nés. 82% d'immigrés, donc. Et alors? Ce n'est pas difficile de faire Patrie dès lors que l'on a une conception politique et non ethnique de la Nation. Ce chiffre en tête, Jean Jaurès a raconté la Révolution Française, la naissance de la Nation française. C'est la République qui fonde la Nation et non l'inverse. Il a raconté le rôle du mouvent ouvrier, du mouvement socialiste, dans la construction de la Nation fraternelle. Ces thèmes, ce sont les mêmes dont je parle avec les personnes que je rencontre ici. Vivre à l'étranger, s'y installer, y faire des enfants.. Tout cela enrichit la réflexion sur la nationalité française. La nationalité française ce n'est pas une religion ou une ethnie. C'est une adhésion à la devise : Liberté Egalité Fraternité. Lorsqu'on est français de l'étranger, on le sait très bien. Le droit du sol intégral apparaît comme une évidence pour ces français de Rio.

Ce sera un des combats des député-e-s du Front de gauche.. sous le haut patronage du Grand Jaurès!!

1 commentaire

  1. Bravo Mme Garrido !
    Est-il vraiment impossible de retrouver trâces du voyage de Jaurès à Rio ?
    Nous suivons attentivement votre voyage. Venez nous voir à Santiago dans quelques jours… Nous sommes nombreux à vous attendre.
    Vive le Front de Gauche ! 

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