Révision constitutionnelle : Le Congrès doit avoir le courage de se désaisir au profit du peuple #Versailles

Posté par le 16/11/2015 dans A la Une, Actus | 0 commentaires

Devant le Congrès réuni à Versailles,  le Président de la République a concentré ses déclarations sur les mesures sécuritaires nationales et internationales qui constituent un message à Daesh.

Curieusement, il s'est finalement peu adressé au peuple français lui-même. Reconnaissant que les assaillants du 13 novembre étaient français, il n'en a tiré aucune conséquence en termes de mesures susceptibles de créer la cohésion nationale qui est largement entaméé aujourd'hui.

Il en avait l'occasion avec son idée de révision constitionnelle. Cependant, le Président de la République a tort de vouloir imposer la révision en catimini d'articles qui sont au coeur de l'identité de la Constitution de 1958.

Sans le dire, Hollande considère en effet que la Constitution de 1958 est désuète, notamment les articles 16 (pleins pouvoirs du Président) et 36 (état de siège). C'est vrai.

Il veut  réviser la Constititution pour redéfinir, entre autres, son propre pouvoir en cas d'état d'urgence. Mis à part le fait que la constitutionalisation d'une variante de la Loi de 55 (état d'urgence) aboutit en fait à la cristallisation de l'état d'urgence, ce qui est constestable en soi, il faut noter un profond conflit d'intérêt dans cette révision expresse annoncée au Congrès sous les applaudissements.

C'est au peuple français lui-même de réviser sa constitution, afin d'affirmer et définir ensemble et directement les fondements de son vivre-ensemble. 

Pour changer en profondeur la Constitution de 1958, le Congrès doit avoir le courage de se désaisir au profit du peuple.

Si l'on veut tarir la source de violence intra-nationale qui conduit des français à assassiner d'autres français, c'est une Constituante qu'il nous faut. La Constituante, c'est la modalité pacifique de règlement de nos conflits

La Veme est désuète, obsolète, inadaptée. Achèvons-là, oui. Mais pas en catimini. Faisons-le dans une grande délibération nationale où chacun trouvera sa place, surtout ceux qui aujourd'hui ne la trouvent pas.

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