Soirée électorale premier tour

Posté par le 23/03/2015 dans A la Une, Actus, Médias, Vidéos | 0 commentaires

Voici nos premières réactions aux résultats des élections départementales hier soir. Il y a des résultats prometteurs! Je réitère les félicitations aux candidates et candidats Parti de Gauche que j'avais formulées dans ce texte publié le 18 mars 2015 (ci-après).


Raquel Garrido sur LCI " Elections… par lepartidegauche


Alexis Corbière sur LCI "Elections… par lepartidegauche


Conférence de Presse – élection départementale par lepartidegauche

 

 

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Départementales : la vie civique à l’épreuve

Des héroïnes, des héros. Voilà ce que sont les candidates et candidats aux élections départementales de ces 22 et 29 mars 2015. Se jeter dans cette bataille alors que le mode de scrutin est exactement conçu pour que nos idées n’arrivent jamais au second tour est un acte de courage qui signale un esprit de désintéressement et de don de soi. Qu’ils et elles reçoivent, par cet édito, les remerciements et félicitations de tout le Parti de Gauche.

Ouverte il y a peu, à cause de l’annonce tardive de la date d’élection par le Gouvernement, cette campagne est sur le point de terminer.

Alors que le Parti de Gauche est pleinement engagé dans une bataille culturelle de fond pour renverser le régime oligarchique de la 5ème République, il n’est pas aisé de trouver une place naturelle dans un combat électoral qui est mené, par les autres listes, selon les rites et les réflexes habituels imposés par le cadre institutionnel existant.

Pourtant, les pégistes ont eu la force et l’intelligence d’ouvrir de nouvelles batailles culturelles, même dans ce contexte qui semble si contraint.

Vu le travail réalisé par les camarades, on peut déjà être sûrs que là où elles ont fleuri, les listes citoyennes laisseront des traces indélébiles sur le territoire concerné. « Alternative citoyenne », « Majorité citoyenne », « Clichy Citoyenne », et j’en passe, sont les noms d’expériences politiques novatrices.

Dans tous ces cas, il s’agit de sortir du cadre purement partidaire afin de montrer que la première préoccupation de la campagne est de conquérir du pouvoir pour tous, et non pour tel parti ou tel candidat.

Cette priorité au citoyen est en opposition frontale avec la façon dont le débat public sur les compétences du Département est mené, à savoir un débat entre élus de différentes collectivités territoriales qui ne parlent que de leurs pouvoirs respectifs. Débat entre caciques et barons, mâtiné d’une bonne dose de démagogie, puisqu’on a entendu bon nombre d’élus régionaux expliquer tranquillement qu’il fallait supprimer les départements, ce qui en retour a animé ceux qui plaident pour la suppression des régions. C’est bien sûr l’Elysée et Matignon qui ont ouvert cette guéguerre, avec leur logique démagogique (oserais-je « populiste » ?) selon laquelle moins il y a d’élus, mieux c’est. Et les citoyens, eux, qu’ont-ils le droit de décider? Quelles sont leurs « compétences », c’est-à-dire leurs pouvoirs ? Qui se soucie des citoyens ? Les listes citoyennes !

Ces listes ont osé. Elles ont osé, comme à Toulouse, afficher en plein centre-ville le mur des cumulards. Elles ont osé, comme dans le bassin minier du Pas de Calais, dans l’Aveyron, et ailleurs, exiger des candidats (qui ont accepté volontiers) qu’ils s’engagent sur le principe de leur propre révocabilité.

A certains endroits, les camarades ont réussi l’exploit de tenir des assemblées citoyennes ouvertes. C’était une gageure compte-tenu des délais. Toute cette expérience est un acquis précieux pour l’avenir. En effet, la campagne est trop courte pour toucher tout le monde et ainsi commencer à atteindre le véritable objectif, celui de contrecarrer voire inverser le décrochage civique de masse.

Cette grève civique, nous en connaissons parfaitement les ressorts. Les inégalités sont insupportables et pourtant elles sont maintenues et même aggravées par un gouvernement dit de gauche. Voilà le cocktail qui expulse les nôtres de la vie civique. Le peuple reproche au Gouvernement ses conditions de vies précaires et l’angoisse du futur auxquels il est soumis. Les responsables sont connus, c’est le gouvernement « de gauche », alors qu’il devait, selon le principe démocratique, changer la politique mise en place par Nicolas Sarkozy.

L’atteinte à la logique démocratique est si forte que l’on croirait que le Gouvernement organise sciemment l’abstention. Inviter les électeurs à voter pour une collectivité dont on ignore les compétences est déjà un affront. Mais il y a pire. C’est l’annonce par Manuel Valls que quoiqu’il arrive il restera en poste, et l’annonce par François Hollande que quoiqu’il arrive il ne changera pas de politique. Cela s’appelle tout simplement vider une élection de sa substance. C’est une façon d’inciter les déçus de gauche à rester chez eux.

Le maintien des inégalités est un terreau puissant pour le vote FN, puisque son argument reste toujours que l’emploi et les aides sociales seraient disponibles s’il n’y avait pas d’immigrés. Dans son matériel de campagne pour ces élections départementales, tel est le premier argument développé : combattre l’immigration. C’est une réponse folle et violente, mais une réponse tout de même, à la précarité existentielle dans laquelle nous sommes plongés. Cet argument ne touche pas la majorité des français, loin de là, mais il en touche assez pour que dans un océan d’abstention ces français prennent le dessus en pourcentage des voix exprimées.

Le Gouvernement sait donc très bien ce qu’il fait en entretenant la grève civique. Il crée les conditions d’une survalorisation du FN, laquelle survalorisation est le fondement nécessaire du « vote utile », qui est le seul argument qui reste au PS dans la perspective des présidentielles.

Cet argument marche peut-être dans les milieux de gauche qui sont très sensibles – à juste titre- à la question d’un fascisme qui vient. Mais il ne marche pas parmi la grande masse des citoyens. En ce qu’il est en soi une négation de la vocation même d’une élection, à savoir se forger une opinion politique librement, l’exprimer sincèrement par le vote, et ainsi poser un acte de souveraineté politique, l’appel au « vote utile » fabrique plus d’abstention qu’il ne suscite de voix dans les urnes.

Voilà le marasme face auquel nous avons à faire face. Gloire aux candidates et aux candidats pour ces élections départementales, et merci !

Les configurations locales sont différentes. Parfois ils se sont basés sur un Front de Gauche fonctionnel et militant, fidèle à ses combats et reconnu comme tel localement. Parfois ils ont généré ou approfondi la mise en commun des forces avec EELV, sur le fondement d’une culture écosocialiste commune qui facilite l’imagination de programmes locaux où la question environnementale est très présente, en lien avec la question démocratique, comme en Isère. Parfois ils ont permis la mise en mouvement de candidatures citoyennes, y compris avec l’édiction de règles communes et chartes qui garantissent un fonctionnement démocratique et le pouvoir aux citoyens, comme dans le Jura.

Partout, ils sont les remparts face à un régime oligarchique qui nie la place de l’Homme dans la Cité. Dans le Pas-de-Calais, où 5000 retraités sont dans une situation d’urgence parce que la suppression de 43 emplois administratifs a empêché la liquidation des retraites à temps. Dans le Tarn où l’entêtement d’élus soumis aux lobbys a causé la mort de Rémi Fraisse. Partout, nos candidates et candidats sont aux premières loges pour constater les dégâts.

Par leurs candidatures, ils montrent que l’affront démocratique a des limites. Notre demande de changement total de système a une influence significative dans le débat public comme le montrent certaines prises de position surprenantes. Pendant cette campagne on a vu une Rama Yade qui se prononce pour la 6ème République, une Ségolène Royal qui appelle à des référendums locaux sur les projets ayant des implications environnementales, un François de Rugy qui dépose une proposition de loi rendant le vote obligatoire sous peine d’amende, en oubliant – c’est vrai – d’organiser la computation des votes blancs pour garantir un seuil de représentativité en deçà duquel nul ne pourrait être élu. Venant de la part d’hommes et femmes politiques parfaitement coulés dans les institutions de la 5ème République, ces positionnements sont amusants et à prendre avec toute la distance nécessaire, mais ils sont significatifs que les temps changent.

Tandis que les sondages nous saoulent de résultats aussi faux que manipulatoires (les résultats ne valent rien si on n’indique pas le nombre de personnes qui déclarent s’abstenir), chacun sent bien qu’il y a un grand absent à ce débat national : le Peuple.

Trois ans exactement après la Grande Marche pour la 6ème République qui a réuni 100 000 personnes qui ont culminé place de la Bastille pour écouter Jean-Luc Mélenchon, le système n’a qu’un seul souci, maintenir le Peuple hors du pouvoir.

C’est comme cela qu’il faut comprendre le flot incessant de flèches empoisonnées lancées contre Jean-Luc. Parce qu’il incarne ce Peuple en marche, ce Peuple qui ne se laisse pas faire, il est attaqué de plus en plus violemment. Alors que nous venons de gagner en Justice un important procès contre Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé dont la presse s’est peu fait l’écho, nous voilà confrontés, à nouveau, au mensonge. Cette fois il s’agit de réécrire notre histoire militante, en niant la réalité et les réels protagonistes de celle-ci, à commencer par François Delapierre. Patrick Buisson est un ennemi politique, un homme d’extrême-droite, et notons que ceux qui cherchent à nuire à Jean-Luc Mélenchon ne s’émeuvent pas qu’un tel personnage vienne d’être reconduit à la tête de la chaîne Histoire.

A deux jours des élections, c’est clairement notre campagne qui est visée. Le PS, qui ne peut plus convaincre de bonne foi, essaie de salir les autres.

Nos candidates et candidats, par leur simple candidature et l’état d’esprit dans laquelle ils la mènent, montrent qu’il est vain de tâcher de nous salir et posent une pierre à l’édification d’un réveil citoyen, avec la 6ème République en ligne de mire.

 

Raquel Garrido, le 18 mars 2015

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